samedi 24 septembre 2016

California Girls [Rentrée Littéraire 2016]


Auteur : Simon Liberati
Editeur : Grasset 
Collection : "Ceci n'est pas un fait divers"
Genres : histoire vraie, roman, crime
Parution : 17 août 2016
Prix : 20 € 

« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire.  J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans  défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.
En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près les California girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Notation
Mon Avis ? 

Les histoires sordides intriguent toujours. Si en plus elles mettent en scène des stars de cinéma et des adolescentes l'intérêt monte en flèche. J'avais entendu parler de la Famille Manson, comme d'une petite communauté de criminels qui avaient commis un crime monstrueux et pour moi l'histoire s'arrêtait là. On peut dire que j'ai pris une claque avec California Girls... historiquement et littérairement parlant ! 

Simon Liberati
Sur le plan historique, j'ai été stupéfaite d'apprendre que la Famille ne comportait pas qu'une dizaine de membres mais presque une centaine. C'est une vraie colonie de jeunes drogués, à la limite de la folie qui nous accueille dans les premières pages de ce roman. Nus, dansant, chantant, volant et couchant à n'importe quel moment, les "enfants" de Manson font penser à une horde monstrueuse qui ne pense et n'agit que pour et par une seule pensée, celle de leur dieu sur terre :  Charlie. Le gourou est décrit physiquement comme on décrirait un clochard, mais avec une vraie force mentale qui s'imprime dans chaque membre de la Famille. Charlie, Charlie, Charlie. Le nom revient sans cesse et plusieurs fois les "enfants" sont persuadés d'entendre sa voix et de sentir sa présence alors qu'il est absent. Les miracles de Charlie glace le sang du lecteur. Et la foi aveugle des membres de la Famille donne le vertige. 

Sur le plan littéraire... on étouffe. Les lieux de vie de la Famille sont sales, glauques et la chaleur de ce mois d'août rend l'atmosphère du livre si lourde que j'ai eu besoin de faire des pauses dans ma lecture à de nombreuses reprises. Le ton est donné dès les premières lignes du récit : la folie transpire par tous les pores et le lecteur sera malmené du début jusqu'à la fin ! 
Suffocant, trébuchant, on est guidé par l'excellente plume de Liberati vers la scène principale de l'histoire qu'on redoute tant : le meurtre barbare dans la maison de Sharon Tate. Des chapitres courts, un rythme qui va crescendo et des détails à vous empêcher de dormir, la lecture sera longue, pénible et affreusement malsaine. J'ai mis du temps à terminer ce roman et pourtant je considère avoir le coeur bien accroché ! Mais California Girls ne fait pas dans la dentelle et traite son lecteur comme les membres de la Famille traitaient les "cochons", ceux qui n'entendent pas la douce voix de Charlie et ne cherchent pas à la comprendre. 

Récit violent, barbare et terrifiant, California Girls vous poussera dans vos derniers retranchements. C'est monstrueux... et c'est superbe ! 




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